Le G20 Environnement, Climat et Énergie prendra place ces jeudi 22 et vendredi 23 juillet 2021 à Naples. La question de la transition énergétique sera notamment au centre de ce sommet. D’ailleurs, un bout de chemin a été parcouru mais il en resterait pas mal à faire, d’après le récent rapport de l’Agence Internationale de l’Énergie (IAE). Beaucoup d’experts estiment que nos émissions de CO2 sont loin de baisser et vont continuer de croître au moins jusqu’à 2023.

Les émissions de carbone, exprimées en milliards de Gigatonnes (Gt) – Source : Global Carbon Project

Une forte hausse des émissions de CO2 sur les prochaines années ?

Nos émissions de CO2 ont été revues à la baisse en 2020 grâce à la crise du Covid-19 — devons-nous le rappeler, principales causes du dérèglement climatique que nous vivons en ce moment — pour la première fois depuis les 30 dernières années.

Comme l’après crise financière d’il y a 10 ans, les experts avaient communiqué en début d’année que 2021 allait connaître un nouveau rebond des émissions de dioxyde de carbone. Le deuxième plus grand de l’histoire. Une des causes, c’est une relance centrée sur de nombreux apports financiers dans les combustibles fossiles. Encore plus dans le charbon — combustible pour lequel les experts attendraient une hausse de 5% en 2021 et 3% en 2022 —, pourtant réputé le plus polluant d’entre tous.

Aujourd’hui, l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) donne raison à la tendance qui se profile. Nos émissions de dioxyde de carbone devraient revenir à la hausse cette année et l’année prochaine. Un record pourrait alors être atteint en 2023, dépassant le record de 2018. Les chercheurs estiment que pour limiter le réchauffement climatique à +1,5°C, il faudrait que nous divisions nos émissions par deux durant cette décennie.

L’AIE a présenté ces chiffres. En 2020, c’est 40 milliards de Gigatonnes de CO2 qui ont été émises. En 2025, nous pourrions être à 34,7 Gt et même moins, c’est-à-dire à 33,9 Gt si les mesures de durabilité annoncées par les gouvernements sont mises en place. Mais pour arriver à cet objectif “Zéro émissions” en 2050, il faudrait que nous ne dépassions pas 27,9 Gt de dioxyde de carbone… d’ici 2025 !

Des investissements trop bas et mal divisés

Le récent rapport de l’AIE mentionne également que si plus de 320 millions d’euros avaient bel et bien été investis par les Etats dans les énergies renouvelables au début de l’année, ils ne représentent que 2% des mesures mises en place pour sortir de cette crise économique, générée par le COVID-19. Même si les Etats avaient projeté de faire des investissements identiques d’ici 2023, cela ne serait égal qu’à 35% de ce qu’un autre récent rapport de l’Agence Internationale de l’Energie avait estimé essentiels pour être sur la voie du “Zéro émissions” pour 2050.

Les experts soulèvent également un nombre important de différences géographiques. Les pays développés comme les Etats-Unis, les pays d’Europe ou encore le Japon semble pouvoir être capables de baisser leurs émissions. Les pays en développement ou émergents seront bientôt responsables de 90% de la hausse annoncée des émissions de CO2.

Comme pour la crise sanitaire, les scientifiques appellent les pays développés ainsi que les grandes instances internationales (FMI par exemple), à fournir plus d’efforts pour une transition écologique réussie mais aussi à apporter un soutien aux efforts fournis par les pays émergents. A l’aube de la COP26, il s’agit également de fournir une aide de 85 milliards d’euros (au moins) par an aux pays développés pour garantir le financement de projets liés au climat.

Le directeur de l’AIE, Faith Birol, devrait présenter ses conclusions aux ministres rassemblés pour le G20, ce vendredi 23 juillet. L’objectif du directeur de l’AIE : encourager ces derniers à porter cette idée de “reprise verte” dont nous avons réellement besoin. « Il n’y a pas d’autre issu, affirme-t-il. Mais il faut garder à l’esprit que, même si la marge de manœuvre se réduit, l’objectif reste atteignable ».

Comme l’a avancé Faith Birol, cela va être un long chemin mais cet objectif de réduction des émissions de CO2 reste atteignable. Cela ne pourra se faire que si les grands gouvernements fournissent des efforts et supportent ceux des gouvernements émergents. Le chemin vers le “Zéro émissions” est encore long…

Source : Agence Internationale de l’Energie

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