Le bien connu transporteur DHL a annoncé avoir fait la commande de douze avions fonctionnant totalement à l’énergie électrique pour le transport de ses marchandises. Un changement qui devrait aider l’entreprise à réduire drastiquement les émissions de carbone de son transport aérien. Cela serait-il un signe annonceur que les avions vont tous devenir écolo ? Pas si sûr.

L’une des plus célèbres sociétés de transport, DHL, vient de faire la commande de douze avions totalement électriques. Les modèles, fabriqués par Eviation, seront livrés d’ici 2024 et pourront transporter près de 1,2 tonne de marchandises ainsi que parcourir près de 800 km entre 2 recharges de batteries. D’ailleurs, les batteries des avions Alice n’ont besoin que de 30 minutes pour être pleinement rechargées.

Dans un communiqué publié par l’entreprise, il est précisé que l’opération pourra se faire “pendant le chargement ou le déchargement de la cargaison de l’avion” .

Un des modèles commandés par DHL – Crédits photos : REUTERS

Les avions : un bilan émissions de carbone très chargé

Dans le contexte actuel que nous connaissons (sanitaire comme environnemental), la stratégie mise en place par le transporteur DHL peut se révéler intéressante. En dehors de la production d’électricité, les transports sont, sans nul doute, le secteur qui produit le plus d’émissions de carbone.

Le bilan carbone dans le secteur de l’aérien s’avère plus lourd que prévu – Crédits photo : Austin Zhang (Pexels)

Voir la courbe de ces émissions se rapprocher de zéro est alors un objectif nécessaire pour atteindre la neutralité carbone prévue pour 2050 – qui doit également permettre de préserver le réchauffement climatique sous un seuil au-delà duquel il n’y aurait plus aucun espoir de le contrôler.
Concernant les transports (de personnes et de produits), cet objectif de zéro émissions passera en majorité par l’électrification des appareils.
De nombreux constructeurs automobiles ont annoncé qu’ils allaient faire une bascule vers le 100% électrique.

Malheureusement, le tournant écologique devrait être bien difficile pour le secteur de l’aérien. Même si les avionneurs sont à présent en capacité de fabriquer des modèles d’avion électriques comme le modèle Alice, commandé par DHL, ce n’est pas tout de suite que l’on verra des vols commerciaux totalement électriques.

Un Airbus A320 nécessiterait près de 300 tonnes de batteries électriques

Le principal problème qui se présente est la densité énergétique de la batterie, qui est très largement en-dessous de celle du carburant. Un avion de type Airbus A320, utilisant 30 tonnes de kérosène, aurait besoin de près de 300 tonnes de batteries électriques pour décoller de la piste, alors qu’il ne peut pas en contenir plus de 70.
Cette idée continue d’être étudiée à l’heure actuelle, tout comme d’autres innovations en ce moment étudiées pour le secteur aérien : des appareils à propulsion hybride, des formes plus aérodynamiques pour les avions, etc…

La 2ème génération de biocarburant, récemment mise en avant par le Ministère des Transports, serait aussi une piste à l’étude, mais apparement serait bien loin d’être la solution première.
Au vu de la situation climatique urgente et des technologies disponibles à l’heure actuelle afin de faire baisser le bilan carbone du secteur aérien, il s’avère nécessaire de réduire le nombre de déplacements en avion, que ce soit professionnel ou personnel, et de revoir le nombre d’avions par flotte.
Cette dernière piste est d’ailleurs d’un coût assez élevé, mais elle aiderait à faire la bascule vers des modèles qui émettraient moins d’émissions de carbone.

Source : Communiqué de DHL, CNBC

Related Posts