Une entreprise suédoise nommée SSAB a gagné le pari de produire de l’acier sans avoir aucun recours aux énergies fossiles, et ce dès le début de la chaîne de production. L’entreprise prévoit une production à l’échelle industrielle pour 2026.

Quand on vient à discuter voiture ou encore pollution, on peut penser directement aux émissions des voitures, et bien évidemment à leurs batteries, mais on en oublie l’impact environnemental de matériaux tels que l’acier. En effet, chaque phase de la production d’une voiture laisse une empreinte écologique. SSAB a pour but de tourner l’industrie automobile et les autres industries vers des pratiques et objectifs plus vertes, justement grâce à cet acier “sans énergie fossile”.

Cet acier “sans énergie fossile” est la première innovation du genre et se place dans le programme HYBRIT, un accord entre les entreprises SSAB, LKAB et Vattenfall afin de créer une chaîne de production plus respectueuse de l’environnement.
Généralement l’acier est généré à partir du minerai de fer, de la chaux et du coke (carbone quasiment pur qui est fabriqué à partir du charbon). Pour baisser l’impact sur l’environnement, SSAB a pris la décision de remplacer le coke par de l’hydrogène vert et d’utiliser des fours dotés d’arcs électriques.

Une industrie tournant principalement au charbon

L’industrie de la sidérurgie repose essentiellement (voire uniquement) sur du charbon. Les entreprises productrices d’acier font alors partie de celles qui produisent le plus de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale – à peu près 7,6% de toutes les émissions mondiales (environ 4% des émissions en France).
Mais le récent rapport du GIEC, publié début août 2021, l’a bien mis en avant : toutes les émissions de tous les secteurs devront baisser de manière draconienne pour atteindre le niveau zéro au plus tôt.

Mais comment est-il possible de décarboner une industrie ayant pour base le charbon ?

Certaines entreprises tentent aujourd’hui de mettre en place une économie dite “circulaire” ou tout doit être récupéré et recyclé.
« En faisant entrer plus d’acier usagé dans la fabrication de notre acier, nous faisons baisser la part de fonte nécessaire, et donc le niveau d’émissions de CO2 » avait affirmé l’un des chefs d’établissement de Dunkerque. Sauf que pour réussir à décarboner cette production, il est indispensable que la chaîne soit orientée en ce sens. Une chose doit alors être claire : le charbon ne doit plus être utilisé comme matière première et combustible.

L’usine HYBRIT est le résultat d’une association de diverses firmes suédoises : la compagnie LKAB, axée sur l’extraction du minerai de fer, l’aciérie SSAB et le fournisseur en électricité Vattenfall. A l’origine, on fait réduire le minerai de fer en éponge de fer dans des fours à combustion au charbon.

Une solution serait à l’étude de remplacer le charbon par de l’hydrogène.

Pour que ce changement puisse se faire, il faut impérativement que l’hydrogène soit produit à partir d’une énergie renouvelable. Pour pouvoir utiliser de l’hydrogène propre, il faut déjà y avoir accès et qu’il soit produit à proximité des usines. Et c’est là que Vattenfall intervient : ils fournissent directement à LKAB et SSAB une source locale, de l’hydroélectricité, une énergie renouvelable qui permet d’avoir de l’hydrogène.

Une usine avec ses chemises de fumée – Pexels

Une production sans énergie fossile à l’échelle industrielle d’ici 2026

C’est ainsi que toute la chaîne de production a été remaniée pour ne plus utiliser d’énergies fossiles, les fours comme les électrolyseurs fonctionnent avec une énergie renouvelable. Les opérations minières également sont visées par ces changements. Le terme “acier vert” n’a pas vraiment de définition officielle, c’est pour ça que SSAB préfère utiliser le terme “sans énergie fossile”.

Volvo, constructeur automobile suédois et ayant pour objectif d’être neutre en carbone d’ici 2050, a réceptionné la première livraison d’acier sans énergie fossile. SSAB a récemment annoncé vouloir démarrer la production à l’échelle industrielle dès 2026. Précédemment, ils avaient annoncé viser une production sans énergie fossile d’ici 2045.

Cette solution d’acier fabriqué sans énergie fossile peut être une réelle alternative pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et, par la même occasion, agir sur le réchauffement climatique mondial.

Source : Site de SSAB, Numerama

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